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 PAUL NEAOUTYNE SUR RADIO DJIIDO

3/7/2009

 


Journaliste : Monsieur Néaoutyine, bonjour. Merci d'être avec nous pour cette émission. Le week-end dernier, il y a eu ce congrès extraordinaire du Palika, dont la teneur était de clarifier les choses au sein du parti. n petit rappel, même si vous l'avez déjà dit sur les ondes.

Paul Néaoutyine : Oui, l'assemblée générale de Poya, comme son nom 'indique, c'est pour réunir, à la fois le bureau politique et les
délégués des structures de base, et les militants qui le peuvent…, enfin les semblées générales, c'est pour discuter le portage des choses, des rientations qui ont été données au moment du congrès, et comme il 'agissait de la sortie des échéances électorales, il y avait pas mal de uestions et de sujets qui ont été posées, mais que la journée ne ermettait pas de, à la fois, les exprimer et d'en débattre. Donc, il a té retenu qu'il vaut mieux faire un congrès extraordinaire, puisque, si a renvoie à des rappels sur la ligne du parti ou sur la stratégie, c'est as des assemblées générales qui peuvent traiter ça. Ce sont des congrès. t donc, le terme utilisé, c'est congrès extraordinaire, (?) qui ne emplace pas le congrès normal, ordinaire, qui aura lieu en fin d'année. E de quoi fallait-il parler ? Simplement que le congrès qui définit les oientations a sorti une bonne quinzaine de résolutions au congrès de Tiéta au mois de novembre 2008, et il s'agissait de les mettre en œuvre. mais  c'est vrai que le congrès de Tiéta a surtout traité sur des orientations de base, mais très peu décidé des élections en tant que telles. Et donc, c'est la mise en œuvre du positionnement du Palika de fond, qui permet de rapporter à une échéance électorale, dans des situations qui peuvent être différentes entre les trois provinces, donner lieu à des prises de positions qui, au premier abord, paraissaient…, pourraient paraître contradictoires, n'ont pas ramené aux positions du parti qui a toujours été pour l'ouverture, et participer à tout ce qui peut permettre de faire avancer les positions du parti, mais qui était contradictoire à travers les déclarations qui ont été faites au cours de la campagne électorale. Il y a eu quand même des mises en cause avec des qualifications qui étaient quand même assez graves, notamment dans les campagnes en province Sud, ou aux îles, des déclarations dans la presse
qui semblaient remettre en cause des prises de position entre camarades du Palika. Il fallait bien prendre le temps de discuter de ces choses, et c'est pourquoi donc, nous avons, à Poya, décidé d'un congrès extraordinaire, sur les sujets que nous avons appelés idéologiques, c'est-à-dire qu'il faut quand même aller jusqu'au fond et voir si ces prises de position reflètent des remises en cause, au niveau de la ligne politique, et (?), de l'idéologie portée par le Palika, ou, est-ce que c'est simplement dans la mise en œuvre qu'il y a besoin d'ajustement. Je crois que c'est plutôt ce que je viens de dire en dernier qui est sorti dans la conclusion de ce congrès extraordinaire, qui a réaffirmé la ligne politique du Palika et ses positionnements idéologiques, mais qui a convié nos responsables politiques par zones provinciales, de se retrouver et savoir comment, sur les positions du Palika, les militants du Palika qui
se trouvent investis au niveau institutionnel, dans des choses, dans des formations différentes, se retrouver pour porter les mêmes positions. C'est un petit peu ça, la synthèse, à l'issue des jours de débat.

Journaliste : Il faut dire aussi qu'au sortir de ce congrès, il y avait le renouvellement du bureau politique du Palika, puisqu'il y avait eu,
pendant la campagne un bureau politique qui était très problématique.

Paul Néaoutyine : Oui, le sujet du problème, c'est notamment dans son rôle de l'organisation du Palika, et là, ce qui était en discussion, c'était d'expliquer les mesures qui ont été prises par le bureau politique. Donc, comme son nom l'indique, c'est l'organe qui est mis en place à chaque congrès pour diriger le parti pendant l'année qui vient après le congrès.
Et le bureau politique est supposé faire partager et porter les positions du congrès par l'ensemble. Dans la mesure où il y a eu des cas de figure différents dans chaque province, et qu'il appartenait au bureau politique de trouver la cohérence, et qu'il a pas été en mesure de le faire, il a été interpellé. Ensuite, sur des types de mesures qui ont été prises, c'est qu'en effet, le bureau politique a pris un certain nombre de mesures qu'il fallait qu'il explique. C'était ça aussi l'intervention du bureau politique. Donc, il fallait simplement que le bureau politique puisse s'en expliquer, et donc, amener des réponses satisfaisantes aux militants. Ça a fait partie des débats, et donc, à l'issue d'un congrès, une fois qu'on a dégagé les orientations pour la période qui s'ouvre après le congrès, le Palika, par habitude, enfin, c'est dans ses habitudes, doit se doter d'un bureau politique. Donc, il a été posé la question aux membres du bureau politique, si oui ou non, ils étaient d'accord pour prendre en charge le bureau politique pour les cinq prochains mois. Donc, ceux qui ont accepté
de continuer, ils sont là. Et il fallait que le congrès nomme…, propose, en général, une dizaine de noms, et donc, c'est ce qui a été fait,
notamment le porte parole n'a pas souhaité reprendre ses fonctions, parce qu'il était, lui, concerné par certaines mesures qui ont été prises par le bureau politique. Ben voilà, on en a nommé un autre, etc.

Journaliste : Ce qui veut dire qu'il faut réellement une organisation qui sache lire toutes les positions d'une AG…

Paul Néaoutyine : C'est-à-dire que l'organisation, et donc, le fonctionnement du Palika, il n'est pas adossé à un texte figé comme un
règlement intérieur ou quelque chose comme ça. Ça fonctionne sur la base du militantisme. C'est-à-dire qu'à partir du moment où les militants du Palika, à travers la structure de base, ont arrêté des positions, il appartient aux gens qui sont au bureau politique de se comporter comme des militants, c'est-à-dire d'essayer, au-delà des résolutions qui sont écrites, de respecter aussi la teneur des débats qui ont eu lieu au congrès. Donc, les gens qui sont au bureau politique, en principe, ils ont à participer au congrès puisqu'ils ont été nommés au congrès. Donc, c'est un exercice qui est pas facile. On s'est déjà posé la question : est-ce qu'il faut écrire des trucs ? Non. On a dit : on va tuer l'âme du Palika.
Il faut rester sur le principe du militantisme citoyen. C'est-à-dire que, si on n'a pas bien compris, ben, on a le droit de poser la question, si on est contre, on dit ce qu'on pense, et donc, il appartient à l'ensemble des militants de rappeler sur quel fondement telle position a été prise, et si éventuellement les conditions ont changé, il faut changer de positionnement. C'est toujours possible. Mais en congrès. Donc, c'est ça qui est compliqué. On débat. Nous, au Palika, on ne prend pas la position avant d'ouvrir le congrès. On fait d'abord le congrès, et on voit sur quoi on tombe à la fin. Donc, c'est sûr que c'est un exercice difficile, mais c'est comme ça que le Palika existe et fonctionne et a progressé.

Journaliste : Au niveau des collectivités, la situation d'un camarade Palika qui est dans le groupe FLNKS, et le Palika est dans le groupe UNI, au congrès. Il y a une grande gymnastique entre les deux. Que doit faire ce camarade-là ?

Paul Néaoutyine : C'est un exemple de ce que je suis en train de dire, c'est-à-dire que les ressortissants militants du Palika, dans la
configuration des groupes au congrès, actuellement, ben, nous sommes représentés dans deux groupes politiques, le groupe dit FLNKS et le groupe UNI. Il y a des gens du Palika dans ces deux groupes, comme il y a d'autres ressortissants des autres formations politiques. Ce qui a été dit au congrès : on s'est d'abord expliqué pourquoi on se trouve dans cette situation. On aurait pu penser logique qu'on soit tous dans le même groupe. Donc, les explications ont été données, et donc, une fois qu'on a donné les explications, on valide le fait que tous ces militants restent des membres du Palika. Maintenant, le Palika, il est là pour donner une cohérence à l'action. C'est pas seulement un problème de groupe, c'est un problème d'action. Ce à quoi on a été incité : un, c'est que les méthodes
du Palika, ben, s'ils sont sur les méthodes du Palika, ils doivent les assumer dans le groupe où ils sont, mais c'est ça la délégation de pouvoir à travers des élections, c'est pas le Palika qui y est en tant que tel, ce sont des militants qui y sont, donc, c'est à eux de gérer le portage de la position et de pouvoir rendre compte. Donc, ça, ça reste l'exercice politique. Dans n'importe quel parti politique, il s'agit de donner de la cohérence. Est-ce que nos ressortissants vont défendre les mêmes positions au niveau institutionnel, et les positions que défend le Palika, c'est les transferts de compétences, etc. Donc, c'est ça, la mission qui a été donnée à nos militants, parce que, au-delà du fait qu'on appartient à un parti politique, les groupes vont afficher un positionnement politique sur les compétences du congrès de la Nouvelle-Calédonie et les affaires du pays. Donc, il s'agit de faire en sorte que le Palika, là où il est investi, est en train de faire avancer les positions sur lesquelles, enfin qu'il a arrêtées en congrès. C'est un peu long à expliquer mais c'est, somme toute, quelque chose de logique. C'est-à-dire que nous sommes dans un parti politique pour que…, le fait de se réunir en parti nous donne des
orientations et une cohérence à l'action que l'on met sur le plan institutionnel, comme sur le plan de la vie sociale et économique.

Journaliste : Le Palika est toujours une composante du FLNKS, c'est important de le dire, par contre le Palika demande un congrès…

Paul Néaoutyine : Oui, c'est parce que le Palika est membre du FLNKS, qu'il est représenté au bureau politique, et qu'il peut souhaiter qu'un congrès du FLNKS permette justement à la sortie d'une élection de discuter au-delà des mots qui transitent par les médias, de se dire les choses en direct. Donc, oui, c'est un souhait.

Journaliste : Le président de l'USTKE a été condamné à un an de prison. Qu'est-ce que vous dites, vous ?


Paul Néaoutyine : Oui, ce que le bureau politique veut rappeler à tout le monde, c'est que le Palika est engagé dans un combat politique, pour défendre les intérêts de la lutte des libérations nationales, et donc, des gens qui sont concernés par ce projet de société. Et nous, la position qui a été prise dès le départ, c'est de dire que, pour réussir ce combat, pour se sortir du système colonial et aller vers une formation sociale, à une société dans laquelle il y ait plus d'équité, et tout ça, là, mais on défend les intérêts, à la fois des peuples colonisés, des colonisés, et des exploités, c'est-à-dire tous ceux qui, dans la société dans laquelle on vit aujourd'hui, se trouvent dans une situation de domination, ou le fait d'être une force de travail, d'être un travailleur, à une couche ou à une autre. Mais c'est surtout le portage des intérêts, pour qu'il y ait plus d'équités dans la société, et qu'on s'en sorte des rapports coloniaux qui conduisent à ce que certains se sentent supérieurs à d'autres, uniquement à cause de leur origine ou de la couleur de la peau, alors que nous sommes dans la construction. Déjà, maintenant, c'est un résultat d'une citoyenneté commune pour être de futurs nationaux, dans un pays indépendant. Donc nous, le combat, c'est celui-là. Et nous avons donc légitimé, dès le départ, d'investir tout le fond de lutte, associatif, etc., et y compris le terrain de lutte sociale, qui relève de ce qu'on appelle la lutte syndicale. Donc, on n'a pas de soucis, on est pour la lutte syndicale, on est pour reconnaître les droits des travailleurs et les droits syndicaux, mais on est aussi pour le dialogue social. Donc, ce sont des principes de base. Peut-être que beaucoup peuvent s'en revendiquer, mais que je tiens à réaffirmer ici. Ce qui vient de se passer, le jugement rendu par un tribunal, pour des faits qui ont été jugés, et qui se sont produits, à l'occasion du choix, par une organisation syndicale, d'utiliser certains moyens, par rapport à d'autres. Donc, moi, je rappelle que, un, on est pour le syndicalisme, défendre les intérêts des travailleurs, ça fait partie de la lutte syndicale, mais le choix des moyens, pour y arriver, ben, c'est chaque organisation qui en décide. Et donc là, il me semble que les faits qui ont été jugés, ont un contexte syndical, mais ont été jugés pour la réalité de ce qui s'est passé. Donc, c'est un jugement rendu, non pas à l'endroit du secrétaire général d'un syndicat, c'est pour les faits pour lesquels ils sont poursuivis. Alors certains diront : ils sont automatiquement syndicaux parce que c'est un dirigeant syndical ou automatiquement politiques parce que portés par un adhérent d'un parti qui s'appelle le Parti Travailliste. Ça, c'est selon l'analyse des uns et des autres. Nous, le Palika, on a défendu nos militants, dans les choses qu'ils ont entrepris sur tous les fronts sur lesquels ils ont investis. Donc, je pense que le Parti Travailliste est concerné par le sujet, dans la mesure où le syndicat, qui a adhéré beaucoup de ressortissants de chez nous, comme, en général, du mouvement indépendantiste mais également au-delà, a choisi de se doter d'un parti politique. Donc, il a choisi de créer un parti qui s'appelle le Parti Travailliste. Je crois que la lisibilité, elle est compliquée, entre le fait d'une action syndicale qui est à la fois politique, mais portée par un parti politique. Est-ce que quelqu'un va approuver le fait que quelqu'un d'autre soit condamné ? Le tribunal a rendu un jugement, et il est condamné. Moi, je peux regretter, pour le compte du Palika, qu'un dirigeant syndical soit condamné. Mais la chose est qu'il est condamné, non pas pour faire du syndicalisme, mais pour la
participation à des faits qui relèvent de l'application du droit. Est-ce que cette justice est coloniale ? Comme nous sommes toujours dans un contexte colonial, on peut dire que la justice est toujours coloniale, mais d'une manière générale, nous avons observé que le comportement des tribunaux a quand même évolué depuis l'accord de Matignon et Oudinot, et depuis l'accord de Nouméa. Mais il est vrai, et nous l'avons dénoncé, nous, dans d'autres instances, le fait que la population carcérale, elle est encore à dominante océanienne, et très majoritairement kanake. Donc, ça relève le fait que la justice n'est peut-être pas encore suffisamment
révolutionnée, où, en tout cas, les pratiques judiciaires, peut-être, posent encore des problèmes, et qu'il y a un problème à ce niveau-là.
C'est peut-être là, le débat. Mais une fois que j'ai dit ça, je veux dire, personnellement, et comme d'autres, nous avons été assujettis à la justice à d'autres époques. On a réagi à l'époque, et donc, pour ce qui concerne la condamnation de Monsieur Jodar et de ses camarades, moi, je le regrette, mais c'est une décision de justice et voilà. Il y a un parti politique qui est d'abord plus concerné que le Palika, et il s'appelle le Parti Travailliste.

Journaliste : Question sur Air Calédonie : lors de l'intervention du président du conseil d'administration d'Aircal sur nos ondes, il a évoqué le fait que la province Nord s'est retirée de sa participation financière d'Air Calédonie. Qu'est-ce que vous dites par rapport à cela ?

Paul Néaoutyine : C'est une décision de l'assemblée de la province, c'est-à-dire, que j'ai proposée. La province Nord est la seule
collectivité qui verse annuellement une participation au budget d'Aircal. Et la raison pour ceci, c'était que, dès la mise en place de la province, il semblait, d'après les éléments qui avaient été présentés à l'époque, qu'Aircal pourrait organiser la desserte de la province Nord. Mais comme il n'y a pas suffisamment, encore, de clients en province Nord, il allait y avoir, à chaque vol, des places vides. Et donc, en quelque sorte, c'est pas directement une subvention d'équilibre, puisque ça équilibre rien du tout, c'est une subvention sèche, mais, quand même, et c'était pour qu'Aircal puisse rendre un service de desserte aérienne dans la province Nord. Le problème, c'est que cette subvention a été liquidée annuellement, sans aucune restitution de la qualité du service ou du maintien du service, et quand, finalement, la collectivité provinciale a été interpellée, presque régulièrement par des gens qui avaient réservé des places, qui n'étaient pas avertis quand le vol était supprimé, qu'on a vérifié que la desserte n'était plus du tout assurée, donc, on a interpellé, soit par le biais de la province, par le biais des clients, par le biais du CHN, par exemple, dont je suis également un des responsables, de la situation et est-ce qu'il y allait avoir des solutions. Le problème, c'est que, dans un premier temps, on n'a eu aucune réponse pendant toute une période. Donc, ce qui a conduit à dire, ben, on ne va quand même pas continuer à payer un service qui n'est pas assuré.
Donc, la suspension a été décidée par l'assemblée de province, en attendant de savoir si on allait avoir une solution. Ben, malheureusement, au stade d'aujourd'hui, il n'y a toujours pas de solution. Donc, est-ce que la province Nord reproche quelque chose à Aircal ? La province Nord souhaite qu'il y ait une desserte régulière dans le Nord, et c'est vrai que la première solution a été de confier ça à un opérateur public. Est-ce que l'opérateur public est capable de le faire dans des conditions satisfaisantes, puisque maintenant, la demande, elle est variée, maintenant ? Sur la côte Est, il y a quand même une demande de desserte pour une éventuelle clientèle touristique, qui ne peut pas être au rendez-vous, et aider au développement touristique et des activités sur la côte Est, s'il y a pas une bonne desserte, et sur la côte Ouest..., mais il y a aussi une partie sanitaire puisqu'il y a un hôpital à Poindimié, sur la côte Ouest, et c'est à la fois professionnel, sanitaire pour l'évacuation des spécialistes qui viennent au CHN, d'autant qu'il y aura aussi un plateau technique sur Koné, mais aussi affaires et touristique.
Donc, il faut quand même traiter ce sujet. Et si ça peut être dans un plan d'affaires d'Aircal, avec des solutions adaptées au besoin, ben, tant mieux. Sinon, il va falloir trouver une autre solution.


Journaliste : Un jeudi du centre ville de Nouméa pour la province Nord, ce sont des rendez-vous importants pour le Nord ?

Paul Néaoutyine : C'est un rendez-vous important pour les ressortissants de la province Nord qui développent des activités dans tous les domaines, au niveau agricole, au niveau artisanal, au niveau touristique, etc., de faire savoir, dans le grand Nouméa, quelles sont les choses qui se développent dans le Nord et quels sont les produits et services qui peuvent exister dans le Nord. Quand ces gens, ces ressortissants développent ces activités dans le Nord, c'est bien entendu pour les besoins de la province Nord, mais comme chacun sait, on est dans le domaine économique. La plupart de la population vit actuellement dans le grand Nouméa. Donc, le fait de savoir que ces produits et ces services existent dans le Nord, d'abord, de les faire connaître à ce genre d'opérations promotionnelles, donc, faire connaître la qualité des choses qui peuvent exister dans le Nord, mais c'est aussi pour dire, là, où il y a le marché, encore aujourd'hui, que si on va dans le Nord, on peut trouver ces prestations et ces produits. Donc, je pense que ça participe, quand même, au développement général. C'étaient les jeudis de l'Anse Vata qui sont devenus les jeudis du centre-ville. C'est des possibilités de
vente des produits et des services pour ceux qui y viennent, mais c'est aussi pour attirer les gens pour dire que si vous allez dans le Nord, ou éventuellement dans les îles, vous trouverez les mêmes types de prestations et donc, je pense, ça va dans le sens du rééquilibrage certainement, mais les gens aussi qui vont se découvrir, et ils vont se dire : ben, c'est des gens de chez nous qui font ça, ce sont des citoyens. Donc, je pense que ça participe à l'économie citoyenne aussi.

Journaliste : Il y a eu, pendant le dernier congrès extraordinaire du Palika, la présence de beaucoup de jeunes. Avez-vous eu l'impression qu'il faut pour les jeunes une éducation politique ?

Paul Néaoutyine : Oui, je pense que la présence des jeunes, en sachant que l'annonce était : un congrès extraordinaire et qu'on a dit que ça serait un congrès sur l'idéologie, ben, j'étais déjà assez surpris, qu'il y ait eu beaucoup de participation, mais je me suis dit, donc, ça veut dire que c'est pas des mots qui bloquent, des congrès et idéologies. Non, ça veut dire que ces jeunes, s'ils sont venus avec leurs aînés, c'est qu'ils ont envie de comprendre comment fonctionne le parti, sur quelle base et que c'est vrai qu'à l'intérieur du congrès, la demande était qu'il y ait une formation politique. Donc, voilà, ça me satisfait. Je suis quand même assez content de retrouver ça, après plus de 30 ans d'existence, parce que le Palika s'est précisément construit à partir des jeunes que le parti a
essayé d'organiser, mais pour qu'ils prennent en charge quelque chose dans la société. Donc, soit ils restent dans l'organisation politique et ils deviennent des militants actifs et ils prennent en charge des choses dans les institutions, dans les entreprises et tout ça, soit, ils sont simplement à la tribu et sur le terrain, là, où il y a du travail à faire, et ils soutiennent les positions du parti, je crois que c'est quand même ça. Il y a des mots qui sont utilisés des fois : il faut rajeunir la classe politique, il faut diviser le travail, il faut qu'il y ait pas de cumul, pour que tout le monde prenne sa place. Oui, c'est utile dans une société, mais ça se fait à partir de qui ? Des jeunes. Mais les jeunes peuvent d'autant mieux assurer ces choses-là, ces missions-là, que s'ils sont bien au courant de en quoi consiste le travail et sur quelle base on va le faire. Donc, moi, je crois que le congrès extraordinaire a démontré que le Palika intéresse toujours les jeunes qui sont demandeurs, et j'allais presque dire que toutes les organisations politiques, et précisément la citoyenneté, a besoin de se construire sur les jeunes et plus les organisations politiques sont claires sur ce qu'il faut faire, je pense que ça peut engager et décider de plus en plus les jeunes à prendre leur part. Mais, il est normal que, quand on rentre dans une organisation qui a déjà un peu d'âge derrière elle, on a aussi besoin de découvrir sur quelles bases ça fonctionne. Et ça permet d'être plus efficace et moi, j'ai été personnellement assez heureux de savoir que les jeunes sont toujours là.

Journaliste : C'est un encouragement ?

Paul Néaoutyine : C'est un encouragement, parce que sur le plan politique, nous développons toujours le principe de dire : il faut être acteur du projet de société, l'accord de Nouméa. Le militantisme, c'est un tracteur, (?) décidé de faire quelque chose, personne n'est obligé d'être un militant, ça ne peut être qu'un choix, donc, il faut être acteur. Donc, il faut être acteur pour le portage du travail et il faut être acteur pour la construction de son pays, et tant qu'il y a ce genre de motivation, on peut être optimiste sur le sort, le devenir du projet de société, parce que je pense qu'il y aura de plus en plus de jeunes qui vont être là pour porter ce combat et surtout faire tout le nécessaire pour réussir de transformer la société et vivre dans une société avec plus d'équités, mais ça ne se décrète pas, c'est un résultat et donc, il faut être acteur et être militant pour aller chercher ce résultat.

Journaliste : Merci.

 

 

 

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